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Liberation
Littérature étrangère
Damas mousse
Les aventures d'un fils de cheik déjanté dans une Syrie corsetée.
Par Nicolas IOMMI-AMUNATEGUI
jeudi 21 novembre 2002
Ammar
ABDULHAMID
Dérèglements
Traduit de l'anglais (Syrie) par Stéphane Camille. Sabine Wespieser
éditeur, 194 p., 19 euros.
Une
demi-douzaine de protagonistes se partagent l'affiche maudite du premier
roman, interdit en Syrie, d'Ammar Abdulhamid ; maudite, car, au regard de
leur société, ils sont des démons, de jeunes démons complexes, brillants,
vivants enfin. Mais «les démons peuvent être des gens charmants, si
l'on fait abstraction de leur foi». Hassan, fils de cheik, pète
coraniquement les plombs devant l'inéluctable mariage arrangé qui lui pend
au nez. Il pensera bientôt rejoindre le «joyeux club en pleine
expansion» fondé par les zindiq locaux, Nadim et Kindah, un couple de
contestataires tolérés de justesse par les autorités. Quant à Wisam et
Betoul, toutes deux embarquées dans de piteux mariages, elles s'uniront,
malgré les risques, pour dresser leurs langues mêlées à l'encontre d'une
société qui ne fait aucun cas d'elles.
«Je pense qu'une sorte de compte
à rebours a commencé quand je l'ai embrassée pour la première fois.»
Il y a en
Syrie, sous la masse pesante des béni-oui-oui, un monde où
«les
femmes retirent leur voile dans les taxis», où les gens font l'amour et
ont des idées curieuses. C'est ce monde à peine souterrain qu'explore pour
nous l'auteur, avec un parti pris rafraîchissant. Ammar Abdulhamid a 36
ans, il est journaliste à Damas.
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